3 jours à pied, du TransLozérien au Cévenol

De train en train, à travers la Lozère

21 août 2017.JeliaFr.0 Likes.0 Comments

De ligne mythique en ligne mythique, cette randonnée pédestre sur 3 jours vous fera traverser le Mont-Lozère. Depuis Villefort, sur la ligne du Cévenol, jusqu’à Bagnols-Chadenet, sur la ligne du Translozérien. Un formidable voyage à pied… et en train !

Sur la ligne du TransLozérien, toujours en fonctionnement, point de départ de notre randonnée de train en train !

Sur la ligne du Translozérien, toujours en fonctionnement, point de départ de notre randonnée de train en train !

Le temps. Cette petite chose futile qui nous manque perpétuellement. En 3 journées d’itinérance, j’ai eu l’impression quasi certaine de le rattraper, de le suspendre et de l’apprécier.

Il vous en faut un peu, de temps, pour vous plonger dans les entrailles du Cévenol, ce bijou de ligne et de train qui traverse le Massif Central. Les pointes de vitesse feraient rire n’importe quel TGV. Mais qu’importe, ici du temps, il en faut pour apprécier, pour contempler ce paysage incroyable que l’on ne saurait trouver sur une ligne banale et toute droite à grande vitesse.

Paysage typique du Mont-Lozère

Paysage typique du Mont-Lozère


Message subliminal près du Mas de la Barque

Message subliminal près du Mas de la Barque

Une fois les pieds sur le sol lozérien, c’est avec calme que vous le contemplerez, ce temps. À midi, d’abord, quand le soleil bien au-dessus de votre tête vous chauffera l’esprit en même temps que les 1000 m de dénivelé pour accéder au Mont Lozère. À 16h ensuite, quand la chaleur séchera vos vêtements et votre corps, tous deux baignés dans les sources du Tarn. Le soir, enfin, quand le soleil disparaîtra derrière les crêtes pour vous laisser à votre courte nuit de repos sous la tente, en attendant une nouvelle journée et 24h de temps demain !

Bivouac, meilleure solution pour découvrir ce coin de paradis.

Bivouac, meilleure solution pour découvrir ce coin de paradis.


Coucher de soleil somptueux sur les hauts plateaux de Lozère.

Coucher de soleil somptueux sur les hauts plateaux de Lozère.

Du temps, enfin, à attendre le Translozérien dans la petite halte de Bagnols-Chadenet. Des trains, il en passe encore 4 à 6 par jour ici ! De quoi méditer sur votre marche, sur votre vie, sur vos envies, le temps que la prochaine rame ne s’arrête pour vous laisser regagner vos contrées. Des images et des souvenirs en tête, l’esprit apaisé et un bon coup de fatigue ! Du temps, il vous en faudra désormais, pour récupérer !

Départ : La randonnée proposée débute à la halte ferroviaire de Bagnols-Chadenet. Possibilité de partir également de Villefort et faire le  trajet en sens inverse.

Accès : Depuis Clermont-Ferrand/Issoire, ou Nimes/Alès – TER ou ligne du Cévenol jusqu’à La Bastide puis changement vers Bagnols-Chadenet. 

Commentaires : Une bien belle itinérance, à travers les paysages ouverts et emblématiques du Mont Lozère et de la Margeride. Malgré l’apparence, cette randonnée est légèrement casse-pattes, le dénivelé cumulé est assez important au final, et il n’est pas rare de monter pour… redescendre. Vous découvrirez 2 lignes de train importantes du maillage ferroviaire du Massif Central, mais aussi le pont et les sources du Tarn, le Col de Finiels ou encore le lac de Villefort.

3jours
65km
1400D+ Total
Jour 1 : De la gare de Bagnols-Chadenet au Plo de l'Aygue

Vous débarquez en train à Bagnols-Chadenet. Si vous venez de la ville, ne soyez pas surpris ! Pas d’agent sur les quais (pas vraiment de quai d’ailleurs), pas de bâtiment, peu d’indications. Bienvenue en Lozère !

Bagnols-Chadenet, halte de votre départ sur la ligne du TransLozérien

Bagnols-Chadenet, halte de votre départ sur la ligne du Translozérien

Rejoignez la grande route et empruntez-la vers la gauche jusqu’au hameau de Salelles. D’ici, vous devez suivre vers le nord le GR43 (balisage rouge et blanc). Petit échauffement, puisque vous montez une centaine de mètres pour ensuite monter plus doucement jusqu’à Laubert à 1260 m d’altitude environ. Vous voici au sud de la Margeride. Derrière vous, l’immensité du Mont Lozère se laisse entrevoir.

En Lozère, au sud de la Margeride, vous ne descendrez jamais sous les 800 mètres !

En Lozère, au sud de la Margeride, vous ne descendrez jamais sous les 800 mètres !

Quittez le GR43 pour emprunter, vers le sud-est, le GR de Pays (balisage jaune et rouge) Tour de la Margeride en direction de Larzalier. Le « plateau » ici est magnifique. Rude l’hiver, puisque la neige et les congères sont régulières. Vous le remarquerez aux aménagements, notamment, sur la ligne de train du Translozérien que vous croiserez (voir ci-dessous).

La voie ferrée du TransLozérien traverse la Margeride et, par 2 fois, notre randonnée.

La voie ferrée du Translozérien traverse la Margeride et, par 2 fois, notre randonnée.

Poursuivez sur le GRP jusqu’à une nouvelle belle grimpette en direction du sommet du Goulet / Plo de l’Aygue. Au croisement en T, laissez le GRP pour suivre vers le Sud-Ouest le GR7, en direction du Bleymard. C’est sur ce plateau, à plus de 1400 mètres, qu’il vous faudra trouver une étendue d’herbe pour bivouaquer. Le coucher de soleil en vaut la chandelle ! Si le vent est fort, n’hésitez pas à débuter votre descente pour vous mettre à l’abri !

Joli patrimoine près de Bagnols-Chadenet.

Joli patrimoine près de Bagnols-Chadenet.

Vous aurez fait, pour cette première journée, une vingtaine de kilomètres. Comme il y a peu de trains et des correspondances rares, il se peut que vous ayez débuté votre marche assez tard dans la journée (Fin de matinée / début d’après-midi). Ne vous laissez pas surprendre par la nuit !

Jour 2 - Le Bleymard jusqu'au Pont du Tarn

Au petit matin, le soleil se lève au-dessus des montagnes du Mont Lozère. Joli spectacle ! Suivez le GR7 vers le Sud. Vous traversez les jolis villages de Saint-Jean du Bleymard ET du Bleymard. Vous retrouvez ici le GR70, celui de Stevenson. On vous prévient… vous risquez, après une première journée très calme, de croiser du monde !

Près du Bleymard, l'ascencion débute vers le Mont-Lozère. Derrière-vous, la Margeride

Près du Bleymard, l’ascencion débute vers le Mont-Lozère. Derrière-vous, la Margeride

La montée depuis le Bleymard vers la station de ski est CREVANTE ! 4 kilomètres vous séparent des aménagements sur le versant nord du Lozère, mais la montée est sèche. Heureusement en forêt, elle vous permettra de vous protéger de la chaleur !

Le Mont-Lozère et ses chemins caractéristiques.

Le Mont-Lozère et ses chemins caractéristiques.

Une halte au chalet du Mont-Lozère s’impose. Il y a tout pour vous permettre de vous restaurer, abreuver, renseigner. Et surtout des gens très sympas, prêts à vous aider, vous proposer un petit-déjeuner, un casse-croûte, de recharger vos batteries… Pour nous, ce fût au « Refuge » ! Depuis le chalet du Bleymard, délaissez le GR70 (qui monte au sommet de Finiels), pour suivre le GR7 en direction du COL de Finiels ! (Libre à vous de monter jusqu’au sommet, vous pourrez rattraper votre chemin ensuite, les vues sont splendides mais cela rallonge le parcours !).

Coucher de soleil sur l'ancienne voie romaine, après le col de Finiels.

Coucher de soleil sur l’ancienne voie romaine, après le col de Finiels.

Sur ce joli plateau, vous franchirez le col de Finiels puis suivrez la voie romaine, également draille du Languedoc, une voie ancestrale empruntée à l’antiquité mais aussi par les troupeaux d’estive plus tard ! Descendez toujours par le GR7 (attention, une fois quittée la voie romaine, vous traversez une forêt puis un champ. Ce n’est pas toujours simple de suivre le balisage).

Couleur et ambiance de soirée sur le Lozère.

Couleur et ambiance de soirée sur le Lozère.


Bruyère du soir sur le Mont Lozère.

Bruyère du soir sur le Mont Lozère.

Vous dépassez le petit hameau de Salarials, superbe avec son potager et ses belles maisons en pierre. Puis vous arrivez au moulin et au hameau de l’Hôpital, départ de nombreux sentiers de petites randonnées. Poursuivez sur le GR7 à travers les magnifiques landes du Mont Lozère jusqu’au Pont du Tarn, très bel édifice au-dessus de la rivière.

Le Tarn, près de sa source, avant de couler sous le Pont du Tarn.

Le Tarn, près de sa source, avant de couler sous le Pont du Tarn.

C’est ici que l’on vous propose votre seconde nuit de bivouac, à l’abri du vent, sur de la belle pelouse, avec de l’eau à volonté ! Un petit paradis sur terre !

Jour 3 : Jusqu'à Villefort

Au Pont du Tarn, plusieurs GR se rejoignent. Au petit matin, les yeux encore un peu embrumés, ne vous trompez pas ! Délaissez le GR7 pour le GR72, en longeant le ruisseau sur votre gauche. Vous remontez jusqu’au hameau de Bellecoste, retrouvez une large piste (après avoir traversé la rivière). Suivez cette piste jusqu’au Mas de la Barque.

Le hameau de Bellecoste, sur le Lozère, juste avant le Mas de la Barque.

Le hameau de Bellecoste, sur le Lozère, juste avant le Mas de la Barque.

Un ensemble de bâtiments rénovés (ou construits de toute pièce récemment) abritent des gîtes, un restaurant, un point d’information. Vous pourrez prendre un peu d’eau potable, votre petit déjeuner. Évitez les samedis des vacances, jour des arrivées. Le personnel n’a que très très peu de temps à vous consacrer, et à l’accueil du point d’information des Cévennes cela se ressent, même sur la manière de vous parler/répondre…

Lumière près du Mas de la Barque. La température grimpe.

Lumière près du Mas de la Barque. La température grimpe.

Dépassez le Mas de la Barque par le GR72, traversez une forêt, croisez la route en la longeant quelques temps, retraversez une forêt (très belle), croisez encore une fois la route. À partir de là, et toujours sur le GR72, descendez jusqu’au col de Rabussat sur une belle piste et à travers les arbres.

Au col, vous retrouvez le GR68. Continuez tout droit, en direction de Villefort, en suivant le balisage du GR (72 ET 68). Attention, les genêts envahissent parfois le terrain cachant en grande partie le chemin. Faites-vous confiance !

Vous allez marcher sur une jolie crête, les Cévennes sur votre droite, le Lozère sur votre gauche, le lac de Villefort en face avec la Garde-Guérin qui domine ! L’effet waouh est garanti ! Poursuivez sur le GR, une première grande descente suivie d’une autre descente importante vous fera perdre environ 800 mètres d’altitude en quelques kilomètres ! (Attention, dans l’autre sens, la montée est dure !)

Vous atteignez Villefort, puis sa gare (un raccourci est indiqué un peu plus haut pour éviter le passage du village). N’oubliez pas que le Cévenol passe dans l’après-midi. Soyez assurés d’être dans la gare vers 15h pour ne pas le louper ! Sinon, vous aurez encore un TER qui pourra vous ramener, mais l’expérience est un peu « différente ».

Le parcours

Le Translozérien

Du Monastier à la Bastide-Puylaurent, en passant par Mende, le Translozérien traverse tout le plateau de la Margeride. Dépassant les 1200 mètres d’altitude, c’est une ligne difficile, qui a failli ne jamais voir le jour sur toute sa longueur. Pourtant, cette artère relie deux monuments ferroviaires, et semble aujourd’hui indispensable à la survie de ces territoires : le Cévenol et l’Aubrac. 

C’est la plus haute ligne de chemin de fer du Massif Central. Le Translozérien a nécessité des aménagements important sur ses rampes les plus hautes. Point d’orgue au Larzalier, avec une immense galerie couverte construite en 1906 pour empêcher la formation de congères qui interrompait initialement trop souvent le trafic.

Bataillée entre 2 compagnies, le PLM d’un côté et la compagnie du Midi de l’autre, c’est à Mende que la jonction devait s’établir. Du côté du midi, la ligne fut construite rapidement et inaugurée. De l’autre côté, le PLM semblait bien moins pressé de relier Mende avec Nimes et Alès. Il faudra des décennies et de nombreuses révisions du parcours pour qu’enfin, en 1903, l’ensemble de la ligne soit praticable.

Aujourd’hui, les trains circulent encore entre Mende, la Bastide et Alès/Nîmes. Ils poursuivent également jusqu’à Marvejols et continuent d’alimenter ce réseau transversal pour irriguer les deux lignes principales Nord>Sud du Massif Central. Difficile de dire pour combien de temps encore. Mais ne manquez pas cette incroyable ligne et ces paysages sauvages. Le viaduc de Mirandol, le passage du Lazarlier, le tunnel de la Farelle font partie des immanquables.

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