Dis m’man, c’est quoi un protestant ?

6 mai 2016.JeliaFr.0 Likes.0 Comments

Alors oui, je vous entends déjà râler ! Ça y est, il va nous parler de religion et, tel un témoin de Jéhovah après avoir frappé à notre porte, il va nous réclamer du fric ! DU FRIC  je te dis…

Qu’on se le dise une bonne foi (DRÔLE CE JEU DE MOT) pour toute, pour bien comprendre l’article qui va suivre. Je ne crois pas en dieu. Ni en lui, ni en cette drôlerie qui prétendrait que Jésus serait né d’une mère et puis c’est tout ! Non mais franchement, aucun parent sensé aujourd’hui ne croirait sa fille si elle lui sortait la moitié de cette histoire ! Je ne crois pas en dieu, je n’ai pas foi en un au-delà. On crèvera tous au fond d’un gouffre et on reviendra jamais, jamais, jamais et c’est tant mieux !

Maintenant que cette explication est donnée, je peux revenir à mon article. La question posée me vient pour deux raisons. La première, c’est que je termine de regarder un reportage passionnant proposé par France 5 sur le protestantisme en France (on vous conseille aussi toute la série avec, notamment, les épisodes sur la religion musulmane). La seconde, c’est qu’une partie de ma famille est protestante et qu’elle a grandi dans les Cévennes, un pays lié par le sang à cette croyance. Moi, le non-croyant, l’athée, j’arrive pourtant sur de nombreux point à me sentir « protestant ». Le protestantisme ne serait-il pas, au-delà de la religion, un mode de pensée ? Une relation à l’Histoire, à la terre, aux autres ? Une philosophie de vie plus qu’une foi en dieu ?

À travers cette question, je me rends compte comme j’interroge l’ensemble de mon éducation et de mon enfance. Mais aussi, surtout même, tout le passé de ces Cévennes marquées à tout jamais par le protestantisme. Cela fait aussi partie des raisons pour lesquelles ce bout de Lozère est attachant, et qu’il faut le découvrir. J’irai interroger dans les prochaines semaines sur cette question des pasteurs, des cévenols, des membres d’associations et de paroisses, pour constituer un dossier. Mais nous pouvons déjà commencer à réfléchir à cette question.

Le protestantisme a son musée

Une première étape dans la quête de réponses, serait de découvrir le Musée du Désert. Le Mas Soubeyran, transformé en lieu d’exposition, se situe entre Saint-Jean-du-Gard, Anduze et Alès, dans le département du Gard. Un haut-lieu que ce « Désert », terme pour définir cette période entre la révocation de l’édit de Nantes et la Révolution Française, où les protestants se sont vus contraints à l’exil ou à la lutte pour une religion interdite par la France.

L'une des "Assemblées du Désert" représentée sur cette peinture. Un culte protestant secret au coeur des Cévennes.

L’une des « Assemblées du Désert » représentée sur cette peinture. Un culte protestant secret au cœur des Cévennes.

Et oui, à l’heure où l’on mitraille sur des « migrants » qui fuient leur pays en guerre, chassés par des idéologies divergentes des leurs, il faut se rappeler qu’en France aussi, les gens ont été fou par religion. La plupart des protestants ont donc fui la France. Mais certains, par manque de moyens ou par conviction, ont aussi fait le choix de vivre dans la clandestinité, et ce au cœur de leur propre pays. Ils se sont naturellement réfugiés dans des coins reculés, les Cévennes faisant partie alors des zones les plus denses en population protestantes.

Le Musée du Désert s’attache à retracer cette époque trouble de la religion française. Ces années où les protestants se sont réunis dans les forêts et les grottes, pour pouvoir simplement continuer de croire en dieu et en leurs valeurs. Vous en apprendrez aussi sur  » l’avant et l’après », ou comment la religion protestante est née en Europe et en France, et qu’elle a évolué pour aujourd’hui être fortement représentée dans le paysage national.

Une Lozère toujours « protestante »

En vous promenant aujourd’hui dans la Lozère et les Cévennes, vous vous rendrez vite compte que le protestantisme est toujours quelque part, discret comme ses fidèles. Par ses nombreux temples d’une part. Ces lieux, souvent très sobres, furent des refuges et sont aujourd’hui encore de très beaux lieux à visiter pour comprendre cette religion. En général, à l’intérieur, point de bling-bling : pas de représentation de Jésus, pas de croix… un simple lieu d’accès direct à la foi entre un fidèle et son dieu.

Le caractère cévenol calque presque celui des protestants. Que vous soyez croyant ou non, comme moi, vous vous apercevrez bien vite que les lozériens sont accueillants, même si vous devrez d’abord comprendre comment percer la carapace très solide et habituée à prendre des coups. Toujours prêts à rendre service, si peu que vous soyez des leurs, c’est-à-dire proche de la terre et de la nature, défenseur des liens amicaux et familiaux, tolérant et ouvert à toutes les opinions…

Parmi les autres principes du protestantismes, citons entre autre l’ouverture culturelle, l’émancipation, le respect de la liberté de conscience, l’égalité fondamentale entre tous êtres humains, la solidarité au sein de la société, la recherche du mieux-être au cœur de la collectivité, le partage du savoir et du pouvoir, le refus du totalitarisme… De jolis mots qui me donnent envie de croire que sur ces principes-là, moi l’athée, j’ai bel et bien un caractère protestant de par mes racines. Cela ne fait que renforcer l’amour que je porte à ces terres vallonnées et meurtries de la Lozère et des Cévennes.

 

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