Pompéi fige le temps.

14 mars 2017.JeliaFr.0 Likes.0 Comments

Au pied du Vésuve, à quelques kilomètres de Naples, Pompéi attire touristes et chercheurs. En franchissant les portes de cette ville antique, vous êtes plongés 2000 ans en arrière, en 79 après Jésus-Christ. La ville a été figée et recouverte de cendres après l’explosion du volcan napolitain. Depuis, rien ou presque n’a bougé… Spectacle saisissant.

Pompéi impressionne par sa convservation.

Pompéi impressionne par sa conservation.

Pour profiter pleinement de cet immense musée, mieux vaut venir hors saison. En novembre, c’est idéal. Les températures sont encore clémentes et les gens, en semaine, ne sont pas trop nombreux. Inutile de vous dire que l’expérience de Pompéi n’est pas du tout la même pendant les grandes vacances, l’été. Difficile de circuler dans les ruelles antiques, les autorités étant même parfois obligées de limiter l’accès au site…

Ce jour-là, quelques scolaires, quelques groupes, mais globalement peu de monde naviguaient entre les pierres vieilles de 2000 ans. Si certains s’étaient costumés en romains de l’Empire, nous aurions presque pu nous croire de retour à la grande époque de la Rome Antique. Car ici, les sédiments volcaniques qui ont recouvert sur une dizaine de mètres la ville de Pompéi ont permis un état de conservation unique au monde. Presque rien n’avait bougé au XVIe siècle lorsque, après 15 siècles d’oubli, la ville avait été redécouverte par des fouilles.

Une terre prospère et « miraculeuse »

Les Romains avaient nommé ces plaines de Campanie « Terre de Dieu », tant le climat, la fertilité et la proximité de la baie de Naples rendaient ces lieux parfaits pour la vie humaine. À l’époque, le géant volcanique du Vésuve n’était considéré que pour ses aspects « pratiques ». Les roches volcaniques qui rendaient l’agriculture aussi prospère étaient une bénédiction. Aussi, la ville de Pompéi, mais aussi Herculanum, s’étaient rapidement développées en d’importants carrefours commerciaux. La population y était importante, les installations et constructions en nombre.

Le Vésuve était pourtant déjà sous surveillance, certains penseurs et philosophes de l’époque étaient conscients des « forces de feu » présentes sous la terre du volcan. Mais, éteint depuis des siècles, le Vésuve n’a pas empêché le développement de la ville d’abord sous influence grecque, puis romaine. Les différentes époques se ressentent et se retrouvent, d’ailleurs, dans la construction de la cité. Les grecs ont notamment érigé des temples (celui d’Apollon en particulier) et des remparts tout autour de la ville (visibles dans la région VI de la cité).

Comme toute terre volcanique (comme en Auvergne), celle de Pompéi est parfaitement adaptée à la culture depuis toujours. Ici, une reconstitution des vignes qu'étaient celles à l'époque romaine.

Comme toute terre volcanique (comme en Auvergne), celle de Pompéi est parfaitement adaptée à la culture depuis toujours. Ici, une reconstitution des vignes qu’étaient celles à l’époque romaine.

Après plusieurs passages de témoins, entre grecs et étrusques, c’est en 80 avant Jésus-Christ que Pompéi est définitivement annexée et devient colonie romaine. Les anciens habitants sont en partie chassés et de nobles romains s’installent dans d’imposantes villas. La ville continue de grandir, toujours parfaitement aidée par les terres volcaniques. Les vignobles sont importants. Le commerce maritime se développe également. La ville ne sera toutefois jamais de premier ordre dans l’empire romain. Mais sa population ne cesse de croître.

En 79, la colère du Vésuve éclate

En 62 (ou 63) après J.C., un tremblement de terre détruit une partie de la ville. Annonciateur peut-être des futurs événements, cet incident crée une première rupture dans l’idylle de Pompéi avec ses terres volcaniques. Il faut reconstruire, et beaucoup de gens pauvres et de classes moyennes se retrouvent en difficulté. Les bâtiments publics sont néanmoins rapidement remis sur pieds. En 70, de nouvelles secousses alarment certains habitants qui vendent leurs terres (à des prix cassés) et quittent les lieux. Seuls restent les populations qui ne peuvent faire autrement.

Le 24 août 79 (date retenue par les scientifiques et l’UNESCO, mais invérifiable), une journée ordinaire débute dans les rues de Pompéi et des villes alentours. Mais le Vésuve, éteint depuis longtemps, décide alors de cracher le feu et les cendres qu’il contient. En quelques minutes, une nuée volcanique se répand des kilomètres à la ronde au sud du volcan, engloutissant les villes de Pompéi et d’Herculanum sous de nombreuses scories. Jusqu’à la côte Amalfitaine (30 kilomètres plus bas) les cendres se déposent, détruisent les bâtiments et asphyxient les populations. C’en est terminé de la ville de Pompéi et de ses habitants.

Le Vésuve domine aujourd'hui les ruines de Pompéi. En 79 après J.C. il faut imaginer la dernière vue qu'ont eu les habitants de la cité.

Le Vésuve domine aujourd’hui les ruines de Pompéi. En 79 après J.C. il faut imaginer la dernière vue qu’ont eu les habitants de la cité.

Quelques minutes pour des centaines d’années d’Histoire.

Peu furent les témoins de la catastrophe. Quelques uns ont raconté dans des écrits la vue de cet immense panache de cendre. Mais Pompéi restera engloutie des siècles durant, et avec elle une partie de la mémoire (même si l’on sait maintenant que beaucoup survécurent et s’enfuirent). En 1592, alors que Pompéi a depuis longtemps était oubliée, des travaux pour creuser un canal ont permis de découvrir quelques vestiges de la ville. Mais la situation politique de l’Italie oblige l’architecte a recouvrir à nouveau ces lieux.

Ce n’est qu’au début du XVIIIe siècle que de nouvelles fouilles sont entreprises. D’abord sur l’ancienne cité d’Herculanum. Puis, par la suite, au-dessus des ruines de Pompéi (que l’on identifie pas encore sous ce nom à l’époque…). Les premières fouilles sont catastrophiques. Les objets ne présentant que peu de valeur sont tout simplement détruits, les lieux fouillés laissés à l’abandon et recouverts. En 1763, Karl Weber alors architecte et nouveau responsable des fouilles décide de cesser cette destruction. Un vrai plan de fouilles est mis en place.

En 1860, c’est le début des recherches archéologiques sur ce site, qui entraîneront sa renommée. Le directeur des fouilles, Fiorelli, mettra au point l’ingénieuse technique du moulage. En coulant du plâtre au sein des poches de cendres, on révélera alors des reconstitutions hyper-réalistes des corps humains dans les positions qu’étaient les leurs au moment de l’éruption. Incroyable !

En 1997, après différentes périodes (marquées notamment par quelques tremblements de terre), les lieux sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Dans les années 2000, d’importants projets voient le jour. Malheureusement, la crise économique verra l’état se désengager peu à peu des fouilles au détriment de sociétés privées peu scrupuleuses. Les lieux sont désormais en partie protégés, mais la situation peut encore vite évoluer.

Il est donc temps de découvrir ce miraculeux vestige de la Rome antique.

 

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