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Pigeons ramiers en migration près de la chaîne des Puys

Nous sommes en plein cœur de l’été et voilà qu’on veut nous parler d’oiseaux qui migrent… eh oui! C’est déjà la saison!! Cela peut paraitre surprenant mais la migration postnuptiale (qui se déroule après la saison de reproduction) commence pour certaines espèces dès le mois de juillet (et parfois même avant pour d’autres!). On vous explique tout et comment observer ces migrations dans le ciel du Massif Central !

Pigeons ramiers en migration près de la chaîne des Puys

Pigeons ramiers en migration près de la chaîne des Puys

 

La migration… késaco??!!!

La migration est le terme qui désigne les déplacements périodiques que font certaines espèces animales (oiseaux, mammifères terrestres ou marins, insectes…) pour aller de leurs zones de reproduction printanière à leurs zones d’hivernage, et inversement.

Le terme migrateur est donc en opposition avec le terme sédentaire qui désigne les espèces restant toute l’année sur le même territoire! Attention cependant, très peu d’oiseaux sont strictement sédentaires malgré certaines croyances populaires!

Pourquoi les oiseaux migrent?

La réponse tient en un seul mot : nourriture!

La migration est d’abord une adaptation aux difficultés à trouver de la nourriture en hiver! Imaginez un Martinet noir ou une Hirondelle, insectivores, tentant de passer l’hiver dans le Massif Central! Ainsi, de nombreuses espèces partent après la reproduction vers le sud et ses contrées au climat bien plus hospitalier, afin de trouver toujours de quoi se nourrir.

Jusqu’ou vont-ils?

A cette question, il n’y a pas une seule réponse mais deux (en simplifiant) En Europe, il existe deux catégories migrateurs, les migrateurs complets et les migrateurs partiels!

Milan ROyal

Milan ROyal

Les migrateurs complets sont les oiseaux dont l’ensemble de la population quitte l’Europe à l’automne, pour aller hiverner en Afrique, souvent au sud du Sahara. On retrouve parmi ces espèces les Hirondelles, les Martinets, la Bergeronnette printanière ou encore le Circaète Jean-le-Blanc ou le Milan noir chez les rapaces. Ce sont toutes des espèces dont la ressource alimentaire (insectes pour les 3 premiers, reptiles pour le Circaète) est totalement absente en hiver aux latitudes européennes.

Les migrateurs partiels sont les espèces dont seules les populations les plus nordiques vont migrer pour venir hiverner en Europe du sud. On retrouve dans ce groupe des espèces comme le Milan royal, la Buse variable, le Pigeon ramier, la Bergeronnette grise ou le Pinson des arbres.

Carte européenne de répartition d'un migrateur complet (Milan Noir) - Source oiseaux-europe.com

Carte européenne de répartition d’un migrateur complet (Milan Noir) – Source oiseaux-europe.com

Carte européenne de répartition d'un migrateur partiel (Milan Royal) - Source oiseaux-europe.com

Carte européenne de répartition d’un migrateur partiel (Milan Royal) – Source oiseaux-europe.com

Comment migrent-ils?

En volant nous direz vous…. Évidemment !! Mais cette question simplette en apparence mérite un peu de réflexion… En effet, migrer sur des centaines voire des milliers de kilomètres ne se fait pas sans préparation ni stratégie!

Ainsi, tous les migrateurs se préparent en faisant des réserves de graisses qui seront sources d’énergie! Cette période de forte recherche de nourritures a des résultats parfois surprenants : ainsi le Phragmite des joncs (petits passereaux vivant dans les roselières) voit son poids passer de 11-13 grammes à 22-24 grammes avant la migration!

La façon de voler a également beaucoup d’importance!

Ainsi les grandes espèces ne peuvent pas se permettre de faire tout leur périple en vol battu ! Elles dépenseraient toute leur énergie et mourraient d’épuisement. C’est pour cette raison que les grands rapaces utilisent le vol plané, profitant des ascendances thermiques pour monter sans effort haut dans le ciel, se laissant glisser lentement ensuite jusqu’à retrouver une ascendance. D’autres espèces (Grues, Oies, Cygnes,Cormorans, Canards…) migrent en se regroupant en vol organisé, notamment des vols en V. Les oiseaux se relaient en tête du groupe pour ainsi s’économiser. Le gain d’énergie obtenu grâce au vol en formation est estimé à 20%.

Grands Cormorans en vol en "V"

Grands Cormorans en vol en « V »

Bien entendu, beaucoup d’espèces profitent d’un vent favorable pour migrer plus facilement. Ce vent si avantageux peut cependant devenir problématique si il est défavorable aux oiseaux. Ainsi, des milliers de migrateurs meurent chaque saison en mer car déportés par un vent mal orienté.

De nombreuses espèces migrent de nuit notamment les passereaux comme les Fauvettes ou les Limicoles (petits échassiers des zones humides comme la Bécassine). La migration nocturne présente pour ces espèces migratrice au long court de nombreux avantages, notamment le gain de temps (l’oiseau se nourrit en journée et migre la nuit), une économie d’énergie lié à des conditions de vol plus favorables la nuit (températures moins élevées, air moins dense…) et des risques physiologiques moins importants en raison des températures nocturnes plus fraiches.

Pour s’orienter, les oiseaux migrateurs utilisent des compas biologiques internes, en se basant selon les espèces sur le soleil, le magnétisme terrestre ou les étoiles.


Ou observer la migration des oiseaux dans le Massif Central?

Le Massif Central est situé sur une large voie migratoire qui parcourt grosso modo la France du nord-est au sud-ouest. Depuis plusieurs décennies, les ornithologues ont donc cherché des sites favorables à l’observation des migrateurs (souvent des points hauts dominants des vallées ou des cols en montagne). Ainsi, plusieurs sites intéressants sont connus, notamment la montagne de la Serre (St-Saturnin – 63), Creste (63), St-Gervais d’Auvergne (63), le col de Prat de Bouc (Albepierre-Bredons – 15), le col de Baracuchet (Lérigneux – 42), Flavignac (87) ou le col de l’Escrinet (St-Etienne de Boulogne – 07).

Ailleurs en France, les sites les plus reconnus sont les cols du Pays Basque en particulier le col d’Organbidexka, la région de Gruissan dans l’Aude, le défilé de l’Ecluse en Haute-Savoie ou encore le Cap Gris-Nez dans le Pas-de-Calais


Quelques chiffres sur la migration 

  • La Sterne arctique, espèce nichant sur les côtes de l’Atlantique nord effectue chaque année près de 20 000 kilomètres!
  • Certains passereaux de quelques grammes (Traquet motteux par exemple) sont capable de migrer sur plus de 10 000 kilomètres
  • L’Oie à tête barrée migre en traversant l’Himalaya à parfois plus de 10 000 mètres d’altitude! En Europe, des Cygnes ont été signalés à 8 000/8 500 mètres!
Sterne arctique au-dessus du massif central

Sterne arctique

Traquet motteux, oiseau migrateur au-dessus du massif central

Traquet motteux, oiseau migrateur au-dessus du massif central

Migration de la sterne arctique - Source migration.net

Migration de la sterne arctique – Source migraction.net


Quelques ressources en ligne sur la migration

  • https://www.migraction.net : site ou vous pouvez suivre au jour le jour la migration des oiseaux sur de nombreux sites français , ainsi que trouver de nombreuses explications sur la migration

  • http://www.trektellen.nl/ : site hollandais qui couvre toute l’Europe et même un peu plus!

Commentaires

  • Gasquet marie-helene

    7 août 2018

    Les oiseaux..ma grande passion

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