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Le Rendez-vous du carnet de voyage accoste chaque année dans la cité de Clermont-Ferrand. Cette année, du 18 au 20 novembre 2016, vous pourrez admirer, rencontrer et débattre autour d’une centaine d’artistes, et pourquoi pas rêver à vos futurs voyages. Coups de coeur et présentation de cette 16e édition ! 

Vendredi 18 novembre

8h21 – Aubière (banlieue de Clermont-Ferrand)

Nous embarquons dans le bus numéro 13, direction le centre-ville de Clermont-Ferrand. Le ciel est gris, terne. Les gens ont triste mine, assis sur leurs sièges. On sent désormais le week-end approcher, et la fatigue gagner chacun d’entre eux. Les rues défilent, les arrêts aussi, laissant petit à petit de légères vagues de collégiens monter pour rejoindre leurs salles de cours. Au loin, on distingue à peine le puy de Dôme et la chaîne des Puys. Les antennes noires de la cathédrale percent le ciel comme un éclair sombre. Nous changeons de bus, pour nous retrouver peu après sur la place du Premier-Mai.

8h53 – Place du 1er mai (Clermont-Ferrand)

Nous traversons la route, devant des automobilistes bien mécontents de devoir s’arrêter. Il faut dire qu’une nouvelle journée ordinaire les attend, on comprend facilement leur désarroi. Au loin, après la longue allée, on aperçoit une salle, aussi terne que le ciel auvergnat ce matin. Nous traversons, calmement, les quelques mètres au milieu des feuilles tombées et jaunies par l’automne. La pluie est légère, ce matin c’est surtout le vent qui est désagréable.

8h58 – Polydome (Hall d’accueil) 

Nous pénétrons dans le centre de congrès par de petites portes vitrées. Collés, les triangles rouges, désormais paysage dans l’état d’urgence français. Pas de fouille à l’entrée, les forces de sécurité ne sont pas encore prêtes pour le week-end. On ne peut pas ne pas penser, un peu, à Michel Renaud. Tué en janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo, il est l’instigateur de ce rendez-vous annuel à Clermont-Ferrand. Tout ça, cette sécurité à outrance, c’est un peu « leur » conséquence…

12€ pour débuter le voyage à Clermont-Ferrand.

12€ pour débuter le voyage à Clermont-Ferrand.

8h59 – Polydôme (Hall d’accueil)

L’heure, c’est l’heure ! Les caisses n’ouvriront qu’à 9h, tapante. Tout le monde est prêt, nous sommes une dizaine à attendre le signal, prêt à bondir sur ces bénévoles venus vendre les tickets d’entrée. 12€, tarif « normal » pour la journée. Nous nous acquittons du droit de « voyager ».

9h01 – Polydôme (Rez-de-chaussée – Stand R1) 

Ce sont les premiers dessins que l’on aperçoit. Le premier stand de la journée. Ils sont trois artistes, et pour nous déjà un premier coup de cœur. Pour Lorenzo Dotti, qui peint et dessine formidablement la nature et les parcs naturels qu’il parcoure, notamment chez lui en Italie. Le monde à travers l’environnement, la nature… On s’arrête déjà contempler, et réfléchir. On ralentit. Le bruit, la pollution, le ciel gris. Tout ça est resté dehors. On plonge dans les forêts, les montagnes…

Lorenzo Dotti nous subjugue d'entrée au rendez-vous du Carnet de Voyage.

Lorenzo Dotti nous subjugue d’entrée au rendez-vous du Carnet de Voyage.

9h11 – Polydôme (Rez-de-chaussée – Stand R13) 

En ce vendredi, les écoliers, les collégiens et les lycéens sont en nombre invités à découvrir cette 17e édition. Le bruit du dehors revient un peu avec eux. Mais le son est tout de même plus agréable, en tout cas il est vivant ! Au fond du rez-de-chaussée, nous tombons sur les splendides photographies et dessins de Ourida Nekkache, Claire Marca et Reno Marca. Nous sommes transportés et entourés de portraits fidèles et esthétiques de villes et de pays du Maghreb, avec la gourmandise comme point central.

L'Algérie au travers des oeuvres des Roca

L’Algérie au travers des œuvres des Marca

9h19 – Polydôme (1er étage – Stand ME111)

Nos pas nous portent au premier étage. Il ressemble étrangement à celui du dessous dans la composition. Derrière nous, l’espace restauration. On s’enfile un chocolat chaud (de très mauvais goût) et un pain au chocolat, comme au détour d’un buffet de gare. Tout cela fait aussi partie de notre voyage… Les allées sont encore libres, on y circule facilement. Les exposants ne sont pas tous arrivés, certains s’installent encore, imaginent leurs lieux. Eux qui ont l’habitude de l’immensité du monde, se retrouvent là à décorer un espace de quelques mètres carrés. Souvent de bon goût. Les lieux sont impersonnels, alors l’envie est grande de se plonger dans chacun des stands. Au stand Me111, nous rencontrons l’art de Camille Lebon et celui de Johanna Thome de Souza. Nous sommes tout de suite fascinés par cette splendide représentation de la ville de Rio de Janeiro, haute en couleurs. Elle attire l’œil, cette carte imprécise. Elle donne envie de découvrir ce Rio-là, celui qu’ont croqué les 2 dessinatrices. Un poème explosif, aussi sombre de tristesse parfois, que de couleurs ensuite.

9h23 – Polydôme (1er étage) 

Derrière Rio, il y a une célèbre banque du Massif Central qui tient stand. Que voulez-vous, il faut bien des partenaires pour entretenir la folie du carnet de voyage… C’est assez déconcertant. Nous passons vite devant eux et leurs compères de Chamina Voyages (l’agence de voyages… pas le faiseur de cartes et de miracles de simples randonnées).

9h24- Polydôme (1er étage – Boutique)

Nous profitons du calme de la boutique du festival pour faire quelques emplettes, et ramener avec nous deux affiches collector des éditions précédentes.

9h25 – Polydôme (1er étage – Stand Me116)

Nous voici devant Lapin. Il n’est pas là. Lapin est reconnaissable parmi tous les autres. Son art est déjà passé maître. Seuls quelques uns de ces croquis les plus connus sont affichés. Mais c’est toujours incroyable de découvrir Barcelone, Paris, Lisbonne sous son crayon. Des traits franchouillards, des couleurs pastel, un sens du détail et de la rime.

9h28 – Polydôme (1er étage – Stand Vulcania) 

Les volcans, que l’on a pu capter aisément au dehors, ont donné rendez-vous à l’intérieur, par l’intermédiaire du prix « Vulcania ». Il récompense tous les 2 ans un carnettiste, parmi 4 sélectionnés, sur la thématique du volcanisme (évidemment). Ce sujet nous passionne. On y admire cette année la Réunion ou la Sicile, 2 terres où le feu et les cendres sont sens commun. Yann Beaujouan en est l’auteur. On découvre aussi une toute petite partie du travail de Pierre Croux qui a fait du train, et notamment dernièrement du TransSibérien, son cheval de bataille. Le train, que l’on chérit tant, est bien l’un des plus beaux objets, que dit-on une véritable ode au voyage et à l’arrêt du temps.

9h34 – Polydôme (1er étage – Stands Me119 – Me 122 – Me 126) 

Sur notre droite, une déclaration d’amour à Paris. Joaquin Gonzalez Dorao a troqué depuis longtemps son appareil photo pour s’attarder plus longuement sur l’aquarelle. Bien lui en a pris. Il croque à pleines couleurs les villes d’Europe et du Monde. Son art est d’ailleurs utilisé sur certains ouvrages ou plans touristiques. Derrière son stand, nous sommes attirés par une ambiance New-yorkaise. La mégalopole est peut-être la ville la plus photographiée, décrite, partagée. Les œuvres de Hugo Barros Costa n’échappent pas complètement à la routine américaine. Mais elles sont vives, parfois amusantes. Elles racontent différemment un paysage que peu de gens ont vécu, mais que beaucoup connaissent. Vito, derrière nous, sera le dernier carnettiste à cet étage. Résolument urbain, l’illustrateur s’amuse du noir et du blanc, sur des parcelles de planches colorées par endroits. On met en valeur le vert, dans des villes qui en manquent cruellement. Une vraie prouesse de voyageur, et de sociologue.

9h51 – Polydôme (Amphithéâtre – Premier étage) 

Nous pénétrons dans cette grande salle, cet auditorium froid aux sièges inconfortables. À 10h, un autre grand de la culture clermontoise entre en scène. Le court-métrage propose une sélection de 8 films sur la thématiques du voyage. Beaucoup d’enfants entrent avec nous. Nous sommes subjugués quelques temps par la patience et par l’incroyable travail que font des dizaines de femmes pour proposer à des enfants handicapés de partager eux aussi, un peu du voyage. C’est un trajet aveugle, que nous autres valides ne voyons que très rarement. Mais le handicap, moins qu’un frein, n’est qu’un ralentisseur à celui qui veut voyager, partager, s’émerveiller. Cette année, d’ailleurs, ils sont quelques uns aveugles, sourds, en fauteuil, à être venus parler de leur handicap, certes, mais aussi de leurs va-et-vient mondiaux.

Au rendez-vous du (carnet) de voyage à Clermont-Ferrand

Au rendez-vous du (carnet de) voyage à Clermont-Ferrand, pour la projection des courts-métrages

10h10 – Polydôme (Amphithéâtre – Premier étage) 

Le premier film a commencé avec un peu de retard. Qu’importe. La voix de Jean Rochefort accompagne ce premier court. L’Histoire d’une petite fille qui ne marche qu’à reculons, parce qu’elle a peur de tout. C’est assez cousu (au sens propre comme au figuré, puisque c’est véritablement de la couture animée qui se projette à l’écran). Nous retiendrons pour notre part le second, le quatrième et le sixième film de la séance. Un exploit technique d’abord, ou pendant 9 minutes, le film italien Big Bang Big Boom fait défiler des centaines de photos. Sur celles-ci, le monde classique, nos rues, s’animent pour réécrire la grande Histoire de la planète Terre. Jusqu’à sa prochaine destruction. Glaçant. Dans The Gallant Captain, on rencontre un petit garçon et son chat dans une grandiose (et imaginaire) aventure de pirate ! Enfin, nous terminons par une histoire de jouets (Macropolis) perdus dans la vraie vie Humaine et horrifiés du spectacle idiot qu’ils rencontrent.

11h27 – Polydôme (2e étage – Stands Mo203 – Mo210)

Au seconde étage, nous continuons notre périple à travers ces champs de tables, de chaises et de décors plastifiés. Se pointe EMDE, bien connu en Auvergne. Carnets et feutres noirs à la main, il a notamment magnifié la chaîne des Puys. Nous dépassons le stand, passons devant ceux des musées clermontois, avant que notre œil ne soit attiré à gauche par les peintures de Daniel Casteill. On apprend qu’il est de l’Aveyron, ce qui renforce un peu encore notre passion à regarder ses œuvres. On sent l’envie qu’il a eu à dessiner la nature et les gens qui la compose.

11h35 – Polydôme (2e étage – Stand M0217) 

Le temps devient long, depuis 2h30, cela commence à tirer un peu dans les jambes, malgré la longue pause en salle de cinéma. C’est fou, comme la marche est plus compliquée lorsqu’elle est dans une atmosphère fictive, entourée de gens, de bruits. Le voyage pour lequel nous sommes venus commence un peu à s’éloigner. C’est alors que nous rencontrons Jean-Charles Vignal. Le petit JC, pour les intimes. Au mur de sa cahute, une planche de skate. Il nous explique que sa passion pour le dessin et le voyage est parti de là, d’une planche. Il a dessiné dessus très tôt, en plus de l’utiliser pour se déplacer. Aussi fou qu’il soit, il est même parti à la conquête du monde avec, notamment de l’Amérique du Sud et du Nord. Une vraie découverte, des croquis surchargés de couleurs, de détails. On pourrait y passer des heures.

11h46 – Polydôme (2e étage – Stand Mo221)

Après le très plein de JC, nous enchaînons rapidement sur des tableaux de moutons. Un stand de moutons. Ça nous rappelle l’Irlande, l’Ecosse… ou plus près les landes de Lozère ou du Cézallier. L’animal le plus simple qui soit nous transporte sur le stand d’Eric Tournaire. « Dessine-moi » un mouton, comme il l’écrit et le dit. C’est de ce postulat qu’il a dessiné les moutons à travers le monde. Une idée génialement simple et authentique !

11h52 – Polydôme (Hall d’Accueil)

Nous finissons notre boucle à travers Polydôme. Après avoir croisé la Route des Villes d’Eaux, elle aussi dessinée durant l’été en Auvergne, nous nous retrouvons face à une cohue de personnalités. Le micro allumé, on nous demande gentiment de la boucler, pour que ces messieurs les politiques puissent visiter et inaugurer tranquillement le rendez-vous. En plus de ne pas payer, d’avoir accès à un « petit cocktail », les illustres demandent en plus au tout un chacun de se taire. C’en est trop pour nous. Si nous ne voulons pas rester sur un mauvais arrière-goût, nous décidons de retrouver le gris du dehors, plutôt que celui des cheveux de nos politiques vieillissants. L’air est plus libre à l’extérieur, pollué, mais libre.

L'angoisse, on l'a seulement connue à l'arrivée des élus ! Fin de notre voyage dans les rendez-vous du carnet clermontois.

L’angoisse, on l’a seulement connue à l’arrivée des élus ! Fin de notre voyage dans les rendez-vous du carnet clermontois.

12h43 – Rue Saint-Dominique (Clermont-Ferrand)

La journée se termine autour d’un buffet pakistanais. Notre façon à nous de bien terminer cette boucle à travers ce 17e rendez-vous du carnet de voyage. Vous l’aurez compris, filez vite à sa rencontre, ne regrettez pas même le plus petit des voyages, au bout de votre impasse, à quelques kilomètres de votre porche, au milieu d’une ville au ciel gris, mais qui décidément nous propose de jolis rendez-vous.

 

 

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