PODCAST – IDÉE D’ITINérance

5 randos historiques

Pour découvrir l’histoire de la marche et du Massif central

RANDONNER SUR DES CHEMINS HISTORIQUES

ITINÉRANCES

Dans ce premier numéro de Toute une Montagne, je te présente 5 itinérances pour partir sur des sentiers historiques et parfois millénaires du Massif central. Pour comprendre l’histoire de notre massif et de nos fameux GR.

TOUTE UNE MONTAGNE !

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5 itinérances et treks historiques

sur les chemins du massif central

La voie Régordane, le GR700, traverse l’Ouest du Massif central depuis le Puy-en-Velay jusqu’à Saint-Gilles dans le Gard. Un itinéraire de 250 km, réalisable en 10 à 12 jours.  Il permet de marcher sur un chemin qui vu défiler en d’autres temps l’armée romaine, les pèlerins vers le tombeau de Saint-Gilles au Moyen-Âge (l’un des principaux sentiers de pèlerinages à l’époque…), les commerçants et les vendeurs ambulants, les protestants pendant la guerre des camisards, les résistants de la seconde guerre mondiale ou les mineurs en quête de droits sociaux…

Le chemin Régordane emprunte une voie naturelle et géologique, la faille de Villefort, qui permet d’entailler les monts et les crêtes des Cévennes. Une « route » plus facile pour se déplacer qui est à l’origine de cet engouement historique.

Cet itinéraire vous fait traverser plusieurs territoires importants dans le Massif central : le Velay, la Margeride et le Gévaudan, le Mont Lozère, les Cévennes. Des paysages variés, allant des sommets boisés aux hauts-plateaux pelés, du granite au calcaire, des sucs aux vallées du Chassezac ou de l’Allier.

Le chemin Régordane peut aisément se raccourcir ou s’effectuer en plusieurs fois sur de courts-séjours de 3 à 4 jours. Tout cela grâce à la ligne du Cévenol, ce train mythique traversant le Massif central depuis Clermont-Ferrand jusqu’à Nîmes, et qui suit en grande partie le tracé du GR.

Toutes les infos :
– Distance : 250 km
– Durée : 10 à 12 jours environ (fractionnables en plusieurs séjours)
– Villes étapes principales :Le Puy-en-Velay, Langogne, Villefort, Génolhac, Alès, Saint-Gilles
– Incontournables sur le sentier : la ville du Puy-en-Velay, Pradelles (plus beau village de France), la Margeride, Luc et son château, la vallée de l’Allier, la Garde-Guérin et les gorges du Chassezac, les Cévennes…

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Les chemins de Compostelle. Voilà des sentiers centenaires qui, à eux seuls, témoignent de l’histoire de la marche. Dans le Massif central, on est gâtés. Il existe, parmi d’autres voies, celle de la Via Arverna, plus discrète mais qui parcourt des territoires préservés. C’est sur celle-ci que je vous emmène.

C’est une démarche spirituelle, religieuse, sportive, touristique… Il y a autant de pèlerins que de raisons, qui poussent chaque année les randonneurs à parcourir les principaux sentiers vers Compostelle. Ce sont surtout 4 chemins « originaux » que décrivait déjà en partie Aymeri Picaud au XIIe siècle : la via Turonensis (voie de Tours), la via Lemovicensis (voie Limousine), la via Tolosana (voie de Toulouse) et LE chemin par excellence au cœur du Massif central la via Podiensis (la voie du Puy, désormais GR65). Depuis 1998, ces chemins de Compostelle sont inscrits au patrimoine de l’UNESCO.

À ces grands axes, qui pour certains revêts l’été un caractère d’autoroute, se greffent des sentiers plus discrets. Formant sur la France et le Massif central un réseau d’artères et de veines rejoignant le sud et l’Espagne. La Via Arverna est de celles-ci. Créée, entretenue et promue par des bénévoles et des passionnés, elle part de Clermont-Ferrand pour rejoindre Cahors en passant par Rocamadour.

520 kilomètres et 20 étapes, dont certaines qui suivent la voie de Rocamadour. Depuis la capitale arverne, on suit d’abord l’Allier et au loin la Limagne pour déboucher à Issoire. Ensuite, le chemin s’élève vers les monts du Cantal par la vallée de l’Alagnon. Sur le plus grand volcan d’Europe, le regard se perd et l’esprit avec. L’ivresse de la marche et des sommets se mélangent pour un cocktail détonnant sur l’une des plus belles portions de la Via Arverna. Le GR65 a la traversée de l’Aubrac, la Via Arverna la traversée des Monts du Cantal. Plus qu’une parenthèse de nature, c’est tout le chemin qui vous plonge dans le vert intense des plateaux et des vallées, dans le bleu profond des rivières nombreuses sur votre parcours.

Après Aurillac, c’est Rocamadour qui se présente. Cité indissociable des pèlerinages et de la religion, perchée et lovée sur son rocher. Puis l’on retrouve Cahors, son pont Valentré et la voie du Puy. Pour moi, la Via Arverna est sans nulle doute l’un des plus beaux sentiers vers Compostelle. La partie du Cantal est un peu engagée, mais le sentier est assez aisé. Il dispose de nombreux hébergements et peut facilement se faire en plusieurs fois, trains et bus sillonnent votre parcours.

Toutes les infos :
– Distance : 520 km
– Durée : 20 jours minimum (fractionnables en plusieurs séjours)
– Villes étapes principales :Clermont-Ferrand, Issoire, Le Lioran, Aurillac, Rocamadour, Cahors
– Incontournables sur le sentier : Clermont-Ferrand, Issoire, la vallée de l’Alagnon et le village de Blesle, les monts du Cantal, Aurillac et la châtaigneraie Cantalienne, Rocamadour, Cahors et le Quercy…


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L’ordre chevaleresque des Templiers, créé pour protéger les pèlerins chrétiens qui se rendent en Terre Sainte, a sécurisé de longs siècles les terres hostiles du Larzac. Aujourd’hui, les témoignages sont nombreux et offrent, sur le GR des Templier du Larzac, une merveilleuse leçon d’histoire !

Les cités templières et hospitalières sont nombreuses en France et dans l’Aveyron. Tellement, que sur le plateau du Larzac, elles ont eu le droit à leur propre GR. Une variante du GR71, le GR71C et le GR71D. Une belle découverte que ce sentier sur ce plateau, terre pastorale mais, aussi, témoignage historique. Les pèlerins ont marché ici, bien avant nous. Protégés, donc, par les Templiers et Hospitaliers qui construisirent d’importantes forteresses et des commanderies.

Appréciés, les templiers commencent à susciter la jalousie. Si bien qu’au XIVe siècle, ils sont emprisonnés et torturés, leur ordre disparaît peu à peu. Au Viala du Pas de Jaux, à la Couvertoirade, à Sainte-Eulalie de Cernon… les commanderies sont encore debout. Ce patrimoine, vous le découvrirez lors de votre itinérance sur le GR71. 2 boucles, de 100 km environ, peuvent être réalisées chacune en 4 à 6 belles journées. L’occasion de découvrir les paysages caractéristiques de l’Aveyron et du Larzac. Terre de lutte, terre d’élevage, terre de nature et donc.. terre d’histoire et de marche !

Toutes les infos :
– Distance : GR71C (tour des Templiers) 85 km / GR71D (Tour du Larzac) 115 km
– Durée : 4 à 6 jours en fonction de la boucle. Possibilité d’associer les 2 boucles sur 8/9 jours
– Villes étapes principales :La Cavalerie, La Couvertoirade, Nant, Viala-du-Pas-de-Jaux, Cornus, Sainte-Eulalie de Cernon, (Millau)
– Incontournables sur le sentier : l’ensemble des commanderies et des villages Templiers, notamment La Couvertoirade, Sainte-Eulalie de Cernon, le Viala du Pas de Jaux, hauts plateaux du Larzac et terres pastorales, offrant de nombreux points de vue.

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Au-delà de l’histoire des chemins et du Massif central, l’itinérance la Dordogne de village en barrage est aussi une « belle histoire ». Celle d’un projet qui vise à dynamiser un territoire, créer du lien et de l’activité autour d’une très jolie randonnée dans les gorges de la Dordogne.

La rivière Dordogne est un fil conducteur en Corrèze. Entrant sur le territoire à Bort-les-Orgues, elles file ensuite dans de somptueuses gorges jusqu’à Argentat puis Beaulieu. Dans ces contrées escarpées, des passionnés ont réussi l’exploit de créer une itinérance : l’itinérêve, la Dordogne de village en barrage. Attention, cette itinérance est assez difficile du fait des dénivelés (montées et descentes dans les gorges. Mais ce sont 200km de nature sauvage, d’histoire et de points de vues qui s’offrent à vous !

Ici, c’est l’histoire moderne qui saute aux yeux. Au fil des 200 kilomètres, ce sont plusieurs grands barrages que vous découvrez. Vous suivez, parfois, les chemins qui ont servi aux ouvriers et ingénieurs pour imaginer et concevoir ces monstres de béton qui alimentent, aujourd’hui encore, de nombreux foyers en électricité.

L’itinérêve, c’est aussi la découverte d’un patrimoine ferroviaire : le viaduc des Rochers Noirs, qui voyait passer les trains du TransCorrézien aujourd’hui disparu. Les villages, sur votre parcours, témoignent eux aussi du passé. Jusqu’à Argentat, qui vous parlera de l’époque des Gabares. Un autre temps, d’autres moyens de déplacements… mais toujours la marche, à un moment ou à un autre !

Toutes les infos :
– Distance : 200 km
– Durée : 10 jours minimum
– Villes étapes principales :Confolent, Bort-les-Orgues, Liginhiac, Neuvic, Sérandon, Laval-sur-Luzège, Argentat-sur-Dordogne
– Incontournables sur le sentier : Les gorges de la Dordogne, les barrages, le lac de Bort-les-Orgues et le château de Val, le lac de Neuvic, le belvédère de Gratte-Bruyère, le viaduc des Rochers Noirs, Argentat-sur-Dordogne

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GRP discret, le tour de la Margeride révèle pourtant une grande partie de l’histoire du Massif central et des « randonneurs » qui nous ont précédés. La Via Agrippa, la cité romaine de Javols, les drailles et chemins de transhumance, la bête du Gévaudan… Foncez tête baissée faire le GRP du tour de la Margeride !

La Margeride, ce haut plateau granitique, parsemé de forêts et d’estives. Jadis et jusqu’à il y a peu, les troupeaux et leurs bergers sillonnaient les sentiers de transhumance pour monter les vaches, moutons et brebis « au frais ». Ces chemins, que l’on appellent dans le Massif central des drailles, étaient assez nombreux. Ils convergeaient pour la plupart depuis les terres du Languedoc ou de Provence jusqu’aux hautes terres de la Margeride, de l’Aubrac ou du Lozère. Lorsque vous parcourez le GRP, c’est cette histoire que vous découvrez, notamment entre le Mont Lozère et la montagne du Goulet.

La Margeride, c’est aussi l’histoire déjà évoquée des voies romaines. L’une des Via Agrippa, entre Lyon et Toulouse, permettait aux armées romaines, aux commerçants et aux gaulois de se déplacer. En arrivant en Margeride, ils pouvaient découvrir l’imposante cité de Javols. Aujourd’hui, le village propose une découverte en 3D, grâce à la réalité virtuelle, pour découvrir le théâtre, le forum, les différentes habitations.

Et comment parler de la Margeride et du GRP sans évoquer 2 autres symboles historiques. D’abord, celle de la bête, puisque la Margeride est en fait sur les anciennes terres du Gévaudan. Ce « loup », qui a terrorisé les populations locales et dont les troupes du roi sont parties à la recherche, en utilisant les mêmes sentiers que ceux que vous emprunterez. Plus tard, plus au nord, le Mont Mouchet est devenu un emblème de la résistance pendant la seconde guerre mondiale. Des centaines de maquisards sont morts sur ces plateaux. Les chemins du GRP rendent aussi « hommage » à ces gamins et ces soldats de l’ombre, qui ont eux aussi marché pour notre liberté.

Côté pratique, le GRP de la Margeride requiert une dizaine de jours. Pour des étapes entre 15 et 25 km. Les dénivelés cumulés ne sont pas négligeables, mais si vous avez déjà l’habitude des grandes balades, vous n’aurez aucun mal à parcourir cette grande randonnée.

Toutes les infos :
– Distance : 200 km
– Durée : 9 jours minimum (fractionnables en plusieurs séjours grâce à la liaison nord-sud)
– Villes étapes principales :Langogne, La Bastide-Puylaurent, Rieutort-de-Randon, Aumont-Aubrac, Saint-Alban sur Limagnole, Grandrieu
– Incontournables sur le sentier : Lac de Naussac, la ligne du Cévenol, les contreforts du Mont Lozère, le village de Luc, la montagne du Goulet, le plateau du Roy, les forêts de Margeride, le lac de Charpal et de Ganivet, le Truc de Fortunio…